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Investir, une décision de routine ?

 

Texte de Claude Tremblay

Centre d’expertise en gestion agricole (CEGA)  

 

Roger vend sa terre et l’a offerte à Julien son voisin; en premier, tel que convenu entre eux depuis des années. Le prix demandé est correct, compte tenu du marché aux alentours : 300,000$ pour une vingtaine d’hectares, à prendre ou à laisser. Julien a 24 heures pour se décider. Sinon, dès lundi la terre sera officiellement mise en vente au plus offrant et le prix risque de monter.

 

Julien pense à Jean-François, un agriculteur qui a la réputation d’être vite en affaires. C’est sûr qu’il va être intéressé par la terre de Roger. L’an passé, Jean-François a changé sa batteuse pour le dernier modèle plus gros et mieux équipé. Une bonne année dans le maïs, la perspective de payer de l’impôt et une offre de fin d’année imbattable l’ont fait craquer. La transaction s’est faite à la vitesse de l’éclair. Après déduction de la valeur d’échange sur la veille machine, la facture de 250,000$ a été portée sur un crédit à court terme offert par le vendeur, en attendant que Jean-François fasse les démarches auprès de son institution financière. Après discussion avec son conseiller en crédit, Jean-François a décidé tout à coup de changer de banquier. « On m’offrait un meilleur taux », a-t-il dit à Julien pour expliquer sa décision. La rumeur veut plutôt que Jean-François ait été obligé de changer de prêteur parce que sa demande d’emprunt a été refusée par son ancienne institution financière. Julien est déchiré entre la tentation de suivre l’exemple de Jean-François; un gars qui n’a pas peur de foncer, et la voie de la raison qui lui suggère de demander un deuxième avis sur son projet d’achat de terre.  

 

Une chose est sûre : Mélanie, la conjointe de Julien, penche pour la voie de la raison. Pour elle, l’achat de la terre ne peut pas se faire sur un coup de tête : « Investir, ce n’est pas une décision de routine. Il faut prendre le temps de réfléchir vers où l’on veut aller et voir si cette décision nous y mène », même si Jean-François semble penser le contraire.

 

Julien regarde sa montre: « Vingt-quatre heures pour se décider, vingt ans pour payer ».  Le jeu en vaut-il la chandelle?

 

Et vous, qu’en pensez-vous?